Grandes figures sulpiciennes

Louis Tronson (1622 – 1700)

Troisième supérieur de la Compagnie de Saint-Sulpice (1676 – 1700)

Né en 1622 à Paris, Louis Tronson est issu de cette société distinguée du faubourg Saint-Germain, à laquelle le renouveau catholique français du XVIIe siècle doit tant. Sa famille, paternelle et maternelle, est proche du pouvoir royal.

Un an plus tard, en 1657, Olier meurt. Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers est élu supérieur, et Louis Tronson, quant à lui, devient directeur du séminaire : cela veut dire que dans les faits, c’est lui qui gouverne le séminaire. Bretonvilliers, certes, porte le titre de supérieur du séminaire, mais en réalité il est supérieur de l’ensemble de la Compagnie, qui se développe et se voit confier la charge de plusieurs séminaires à travers la France, sans oublier l’audacieuse fondation missionnaire de Montréal.

Tronson occupe le poste de « directeur du » pendant dix-neuf ans, jusqu’à la mort de Bretonvilliers auquel il succède comme supérieur en 1676. Il préside ainsi aux destinées de la Compagnie durant vingt-quatre ans, jusqu’à sa mort en 1700, survenue après treize années de souffrances, au cours desquelles Tronson, tout en demeurant en pleine possession de ses moyens intellectuels et spirituels, ne peut quasiment pas quitter sa chambre.

M. Jacques-André EMERY : 1732-1811
 
Les sulpiciens estiment Emery comme leur « second fondateur », car il a trouvé les voies pour sauver la Compagnie d’un effondrement dû à la Révolution Française et aux affres qui l’ont accompagné.

Les racines familiales de M. Emery le portaient-elles déjà vers ce ministère très large et ouvert qu’il eut avec la place importante qu’il occupa tant du point de vue religieux que politique ? Originaire du pays de Gex, cette petite ville est aux confins de plusieurs types de terroirs et de modes culturels ou religieux. N’oublions pas que la Genève de Calvin n’est qu’à quelques lieues.

 

Quels éléments de sa personnalité avaient conduits les consulteurs à le choisir comme supérieur général le 10 septembre 1782 après la démission de M. Le Gallic ? Sa famille apparentée à la noblesse locale décide dans un premier temps de confier son éducation aux Carmes – implantés à Gex – puis aux Jésuites à Mâcon. Remarqué pour sa finesse et son intelligence, il entre au séminaire Saint-Irénée à Lyon, puis se présente au concours de la maison des Robertins à Paris, maison de formation tenue par les Pères de Saint-Sulpice. Ordonné diacre le 4 juin 1757, il entre à la Solitude, puis est ordonné prêtre le 11 mars 1758. Point à souligner : le fait que M. Emery n’a pas suivi sa formation cléricale au Grand Séminaire de Paris, mais au collège des Robertins. Cela explique pour une part les difficultés de gouvernement des premières années de son supériorat, nous en parlerons plus loin.

M. John Baptist Hogan, pss (1829-1901)

Son rôle aux avant-postes du renouvellement des études bibliques dans la deuxième moitié du XIXème siècle 

Dans sa biographie sur le père Lagrange, le père Montagnes , souligne combien l’année passée au séminaire de Saint Sulpice, par le futur fondateur de l’Ecole Biblique, a été déterminante pour sa vocation d’exégète. Lui, ainsi que Battifol, Hyvernat et Mignot, futur archevêque d’Albi, ont bénéficié des apports de quelques sulpiciens, surtout de M. John Baptist Hogan.

L’itinéraire de ce dernier est assez exceptionnel. Né d’un père irlandais et d’une mère française – périgordine – il est invité par son oncle prêtre du diocèse de Périgueux et Sarlat, à venir faire ses études ecclésiastiques en France, d’abord à Bordeaux puis au séminaire de Saint Sulpice à Paris. Ordonné prêtre à presque 23 ans le 5 juin 1852, il décide d’entrer dans la Compagnie de Saint Sulpice. Ses aptitudes sont vite remarquées et nombreuses : une facilité pour les langues, une grande maîtrise de soi alliée à une grande bonté venant d’une capacité d’écoute assez exceptionnelle. Sa finesse psychologique lui acquiert rapidement l’estime des personnalités du moment : Montalembert, Dupanloup, de Mun…

Adolphe-Alfred Tanquerey, pss (1854-1932)

Le 21 février 1932 la Compagnie perdait l’un de ses grands écrivains spirituels du début du XXème siècle, le sulpicien Adolphe TANQUEREY. Né à Blainville-sur-Mer (France) en 1854, le père Tanquerey fut ordonné prêtre en 1878 et entra dans la Compagnie de Saint-Sulpice l’année suivante. Il fut envoyé à Rome pour continuer ses études de théologie se spécialisant dans la théologie thomiste et le droit canon, qu’il enseigna par la suite pour un temps au séminaire de Rodez.

 

En 1887 il fut nommé comme enseignant aux Etats Unis, reconnu comme un français ouvert à la possibilité d’acquérir l’anglais et de pouvoir s’adapter à une autre manière de considérer la formation des prêtres dans le Nouveau Monde. Bientôt le père Tanquerey devint membre de la faculté au séminaire et à l’Université Sainte Marie de Baltimore, au Maryland. C’était le premier séminaire des Etats-Unis (fondé en 1791). C’est durant cette période (1887-1902) qu’il développa ses aptitudes de théologien et qu’il écrivit de nombreux ouvrages en théologie spirituelle et mystique, en théologie morale et également en dogmatique.