Propre de Saint-Sulpice

Saint Sulpice, évêque

Mémoire

Né à Vatan en Berry, il fut appelé « le Pieux » ou « le Bon », à cause de la douceur de son caractère. Il passa ses premières années à la cour du roi de Bourgogne. Il fut aumônier de l’armée du roi Clotaire II qui, en 624, le nomma archevêque de Bourges. Vrai type du « Bon Pasteur », il prêcha toujours d’exemple. Il s’employa au soulagement des pauvres et à la conversion des Juifs de sa ville épiscopale. Il mourut le 17 janvier 647 et fut inhumé près de Bourges, dans l’abbaye réorganisée par ses soins.

 

À Paris, on construisit en 1211, sous son patronage, une église pour la population dépendant de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Jean-Jacques Olier devint curé de la paroisse en 1642. Il transféra à proximité de l’église la petite communauté réunie à Vaugirard. Le séminaire Saint-Sulpice était né, et allait donner son nom à la Compagnie qui desservait la paroisse et dirigeait le séminaire.

La vie intérieure de Notre Seigneur

 

Mémoire

Cette fête est l’expression du vif désir qu’avait Jean-Jacques Olier de voir chacun de ses disciples reproduire les dispositions intérieures de Jésus. Le Pietas Seminarii, qu’il avait rédigé, reste la charte fondamentale de Saint-Sulpice :

 

« Le but premier et dernier de cet Institut sera de vivre souverainement pour Dieu dans le Christ Jésus Notre Seigneur, de telle sorte que l’intérieur de son Fils pénètre l’intime de notre cœur et qu’il soit permis à chacun de dire ce que saint Paul affirmait pour son compte avec confiance : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20) ».

Saint Jean-Baptiste de La Salle, prêtre

 

Mémoire

Né à Reims le 30 avril 1651, Jean-Baptiste de La Salle entra au Séminaire Saint-Sulpice en 1670. Des obligations familiales l’obligèrent à revenir rapidement à Reims. Pendant son bref séjour au séminaire, il fut introduit par ses maîtres aux soucis et aux activités du renouveau catéchétique et scolaire, particulièrement affirmé depuis Jean-Jacques Olier dans la paroisse Saint-Sulpice.

Il fonda l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes, dont le but est de donner aux enfants une éducation chrétienne. Bien des traits de sa doctrine spirituelle s’apparentent à des thèmes chers à Monsieur Olier : travailler de toutes ses forces au salut des âmes, donner la place centrale au Verbe incarné, adhérer à ses mystères dans la docilité à son Esprit. Il mourut à Rouen le vendredi 7 avril 1719.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, prêtre

 

Mémoire

Louis-Marie Grignion naquit à Montfort en Bretagne le 31 janvier 1673. Il était animé d’un grand amour de la Croix et d’une vive dévotion envers la Vierge Marie. Arrivé en mendiant à Paris (1693), il vécut pauvrement. Il avait commencé ses études de théologie en Sorbonne, quand il fut admis dans la communauté dite « petit séminaire de Saint-Sulpice ».

Ordonné prêtre en 1700, ses missions et son zèle apostolique marquèrent profondément une partie de l’ouest de la France. Il mourut le 28 avril 1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvres (diocèse de Luçon). Plusieurs congrégations se réclament de lui. Son livre le plus célèbre, le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, reprend implicitement bien des aspects de la démarche spirituelle que le Séminaire de Saint-Sulpice avait héritée de Jean-Jacques Olier.

Bienheureux Charles-René Collas du Bignon, Jean-Joseph Juge de Saint-Martin et Claude Jouffret de Bonnefont, martyrs

Mémoire

Parmi 829 prêtres et religieux entassés sur les pontons de Rochefort, en vue d’une déportation à la Guyane, parce qu’ils avaient refusé le serment du clergé constitutionnel ou qu’on les accusait d’incivisme, soixante-quatre ont été déclarés bienheureux par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1995. Trois d’entre eux étaient prêtres de Saint-Sulpice :

Charles-René Collas du Bignon, supérieur du petit séminaire de Bourges, mort à 41 ans le 3 juin 1794 ; Jean-Joseph Juge de Saint-Martin, directeur au séminaire de Limoges, mort à 55 ans le 7 juillet 1794 ; Claude Jouffret de Bonnefont, supérieur du petit séminaire d’Autun, mort à 42 ans le 10 août de la même année.

JÉSUS-CHRIST, PRÊTRE ÉTERNEL ET SOUVERAIN

 

Jeudi suivant la Pentecôte

Fête

« Dédié à Jésus-Christ Souverain Prêtre, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, née de l’apostolat de Jean-Jacques Olier, est une société de prêtres diocésains qui ont pour vocation le service de ceux qui sont ordonnés au ministère presbytéral. » (Art. 1 des Constitutions de Saint-Sulpice).

 

La Fête du Sacerdoce de Notre-Seigneur est la plus ancienne des fêtes particulières célébrées au Séminaire Saint-Sulpice.

Saint Jean Eudes, prêtre

 

Mémoire

Jean Eudes (1601-1680) séjourna quelques années à Paris, où il fut le disciple de Bérulle et de Condren. La plus grande partie de sa vie se passa à Caen. Fondateur d’un institut pour le relèvement des prostituées et d’une congrégation destinée à la formation des prêtres dans les séminaires, il créa les séminaires de Caen, de Coutances, de Lisieux et de Rouen.

Dans ses Mémoires, Jean-Jacques Olier parle de lui en ces termes : « Le Père Eudes, ce grand prédicateur, la merveille de notre siècle ». Il travailla à répandre le culte du cœur de Jésus et du cœur de Marie, en vue d’établir « la vie et le Royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes ». Il attachait la plus grande importance à l’action apostolique des prêtres fervents et instruits, prêchant l’Évangile par leur vie.

Bienheureux Martyrs de la Compagnie à Paris

 

Mémoire

Le 2 septembre 1792, un grand nombre de martyrs, évêques, prêtres, séminaristes et laïcs tombèrent en divers lieux de Paris, victimes de leur fidélité à l’Église. Parmi ceux qui furent massacrés dans le couvent des Carmes se trouvaient huit prêtres de la Compagnie de Saint-Sulpice : Bernard de Cucsac, du diocèse de Toulouse ; Jacques-Gabriel Gallais, du diocèse d’Angers ; Nicolas Psalmon, du diocèse de Rouen ; Étienne Hourier, du diocèse d’Amiens, et Claude Rousseau, du diocèse de Paris.

Du séminaire d’Issy furent conduits rue de Vaugirard Pierre Gauguin, du diocèse de Tours ; Michel Guérin, du diocèse de La Rochelle, et Henri Luzeau de la Mulonnière, du diocèse de Nantes. Deux diacres : Antoine Adéodat de Ravinel, du diocèse de Nancy, et Augustin de Lézardière, du diocèse de Luçon, qui se trouvaient au séminaire accompagnèrent leurs maîtres dans la mort, à l’exemple de saint Laurent. À leur mémoire il faut joindre celle d’André Grasset de Saint-Sauveur, prêtre né au Canada, chanoine de Sens, qui, dans le même massacre des Carmes, donna lui aussi sa vie pour l’Église.

Saint Vincent de Paul, prêtre

 

Mémoire

Vincent de Paul naît à Pouy dans les Landes le 24 avril 1581. Il s’engage assez tôt sur le chemin du sacerdoce. Ordonné prêtre à 19 ans, il affirme : « Si j’avais su ce qu’était le sacerdoce, quand j’eus la témérité d’y entrer, comme je l’ai su depuis, j’aurais mieux aimé labourer la terre que de m’engager à un état si redoutable ». Sous la mouvance de Pierre de Bérulle, il prend en charge une paroisse bien mal en point. En cinq mois il lui redonne vie : « Voilà une grande charité, mais elle est mal organisée ».

En évangélisant les campagnes, il découvre toute l’importance à accorder à la formation des prêtres. Ce qu’il n’oublie pas de mettre en œuvre, en fondant le séminaire de Saint-Lazare à Paris. Il organise et dirige les « conférences du mardi », auxquelles participe M. Jean-Jacques Olier. Apôtre d’oraison et de contemplation, M. Vincent devient son directeur spirituel. Il fonde deux instituts : la Congrégation de la Mission et la Compagnie des Filles de la Charité. Il meurt à Paris le 27 septembre 1660. Son cœur immense ouvert sur les plus démunis et sa vision du prêtre face à sa mission en font un modèle des plus attachants. M. Vincent reste toujours vivant à travers toutes les œuvres se réclamant de sa spiritualité.

Bienheureuse Agnès de Jésus, Vierge

 

Mémoire

Mystique dominicaine, Agnès Galant naît au Puy-en-Velay (France) le 17 novembre 1602. Jeune enfant, elle a une dévotion au Saint-Sacrement et à la Sainte-Vierge, s’entraîne à l’oraison et fait preuve d’une grande charité envers les pauvres. À 21 ans, elle entre au nouveau monastère dominicain érigé à Langeac. Quatre ans après, elle est élue prieure.

En 1631, Marie lui apparaît et lui dit : « Prie mon Fils pour l’abbé de Pébrac ». C’est M. Olier. Agnès contribue ainsi à la vocation et à la mission de M. Jean-Jacques Olier. Elle lui apparaît deux fois à Paris en 1634. M. Olier passera au monastère de Langeac en juin de la même année. Il rencontre alors plusieurs fois la mère Agnès de Jésus et reconnaît en elle celle qui lui est apparue, ces rencontres le préparant de loin à l’ouverture d’un séminaire. Agnès communique à M. Olier les secrets de l’union à Dieu dont elle vit si intensément. « Je vous ai regardé autrefois comme l’enfant de mes larmes en priant pour votre conversion, aujourd’hui, je vous regarde comme mon Père ». Agnès meurt à 32 ans le 19 octobre 1634, laissant à ses sœurs moniales une vocation spéciale de prière pour les prêtres. C’est ainsi qu’on a pu l’appeler la « mère spirituelle des séminaires de France ».

La vie intérieure de la Vierge Marie

 

Mémoire

Cette fête étroitement apparentée à celle de la vie intérieure de Notre Seigneur remonte, comme elle, aux premiers temps du Séminaire Saint-Sulpice. Un texte autographe de Jean-Jacques Olier que l’on peut rapprocher de la prière O Jesu vivens in Maria rend parfaitement compte de l’union qui existe entre les dispositions intimes de Marie et celles de son Fils :

« Jésus qui vivez en Marie, en la beauté de vos vertus, en l’éminence de vos pouvoirs, en la splendeur de vos richesses éternelles et divines, donnez-nous part à cette sainteté qui s’applique uniquement à Dieu ; communiez-nous au zèle qu’elle a pour son Église, enfin revêtez-nous de vous universellement, pour n’être rien en nous, pour vivre uniquement en votre Esprit comme elle, à la gloire de votre Père ».

LA PRÉSENTATION DE LA VIERGE MARIE
(Patronne principale de la Compagnie)

 

Solennité

Jean-Jacques Olier avait donné au Séminaire la très Sainte Vierge Marie pour première patronne. Il avait choisi comme fête principale de la maison celle de la Présentation au Temple. Célébrée en Orient depuis la fin du VIIe siècle, elle honore le don que Marie avait fait d’elle-même à Dieu avant l’Annonciation.

 

La Compagnie l’a toujours retenue comme sa principale solennité, voyant dans la consécration plénière de la Vierge Marie le modèle de l’engagement sacerdotal.

SAINT JEAN, APÔTRE ET ÉVANGÉLISTE
(Patron secondaire de la Compagnie)

 

Fête

Jean-Jacques Olier a écrit dans Pietas Seminarii : « Ils invoqueront aussi comme leur patron particulier le bienheureux Jean l’Évangéliste, qui est devenu à la Cène un autre Christ, et à la croix le fils adoptif de sa Mère. Vénérant surtout en sa personne la grâce de l’Eucharistie, ils s’efforceront sans cesse de puiser à son exemple cette même grâce qui coule de la poitrine du Seigneur ».