Saint-Sulpice dans l'Histoire

 
Le moment de la Révolution en France de 1789 à 1799 et au-delà, reste une période souvent tragique pour l’Eglise catholique, et la Compagnie de Saint-Sulpice l’a traversée, non sans souffrances. Comment ses membres ont-ils donc vécu cette période tourmentée ? Sur quelles bases ensuite le redémarrage a pu avoir lieu, à partir de la signature du Concordat entre la République Française et le Saint Siège en 1801.
 

La Compagnie de Saint-Sulpice au cœur de la tourmente révolutionnaire

Depuis 1782, le supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice, était M. Emery, moraliste et juriste de formation, il avait su réformer le Grand Séminaire de Paris, les efforts de ses prédécesseurs ayant toujours été vains. La force de son tempérament et une ascèse de vie rigoureuse, liés à une capacité peu banale de savoir parfaitement distinguer les plans, lui permettaient d’avoir vis-à-vis de ses interlocuteurs, autorité et ascendant. Très rapidement il a perçu les dangers de la Constitution Civile du Clergé, votée le 12 juillet 1790 et sanctionnée par Louis XVI le 24 août de la même année. Il y voyait un risque évident de division de l’Eglise, avec le triomphe des idées gallicanes et jansénistes. Selon lui, le principe d’attachement à l’évêque de Rome, prôné par M. Olier, ne pouvait être remis en question. Ce principe devait être bien ancré chez les messieurs de S. Sulpice, car M. Emery se félicite quelques mois plus tard qu’aucun membre de la Compagnie n’est prononcé le serment d’allégeance à la Constitution Civile.

Les sulpiciens présents au Concile de Vatican II
 
Il y a 50 ans !

En ce jour du 11 octobre 2012 a débuté les trois années jubilaires rappelant l’événement de l’ouverture du Concile de Vatican II. C’est aussi pour l’Eglise, la mémoire du bienheureux pape Jean XXIII.

Le Concile a été considéré par l’historien John O’Malley, s.j, comme “le plus ample rassemblement dans l’histoire du monde”. Nous nous réjouissons comme sulpiciens de faire mémoire aujourd’hui du « bon pape Jean », comme cela se disait à l’époque. Nous voulons aussi rappeler quelques figures sulpiciennes qui ont participé à cet événement de Vatican II.

La figure la plus emblématique parmi les Pères du Concile fut celle du Cardinal Paul-Émile LÉGER (1904-1991), alors archevêque de Montréal. Il fut l’une des voix les plus marquantes de la réforme opérée par le Concile. Nous donnerons quelques détails supplémentaires dans un prochain article.

Les cardinaux sulpiciens à travers l’Histoire
 

Pendant ses 370 ans d’existence, certains ont remarqué que malgré son petit nombre de membres, la Compagnie de Saint Sulpice avait eu une certaine influence du point de vue historique. Cela est particulièrement dû à la spécificité de sa vocation : la formation initiale et permanente des prêtres.

Normalement, il n’est pas d’usage dans la Compagnie d’accepter les honneurs ecclésiastiques. Notre fondateur Jean-Jacques OLIER lui-même refusa deux fois d’être nommé évêque. Cependant dans l’histoire de la Compagnie, quelques confrères ont été choisis par le Saint-Siège pour le service du ministère épiscopal. Certains ont même été fondateurs de diocèses et eurent une influence certaine dans l’Eglise. Il n’était pas attendu non plus qu’un sulpicien puisse un jour devenir cardinal – Prince de l’Eglise – cinq l’ont été ou le sont. Nous allons donner une rapide esquisse de ces cinq prélats dans l’ordre chronologique.